Art Press n°423 Juin 2015, compte rendu d’exposition, texte de Julie Crenn

Houilles Maxime Thoreau La Graineterie / 28 mars – 9 mai 2015
Maxime Thoreau (né en 1990 et lauréat de la 10ème Biennale de la Jeune Création) affectionne les objets du quotidien. Son exposition se déploie dans trois espaces distincts. Dans la galerie, sur un mur bleu apparaît un ensemble de neuf cyanotypes. L’artiste a retravaillé, au moyen d’un procédé photographique ancien les photographies numériques prises par Philae, l’atterrisseur de l’Agence spatiale européenne en novembre 2014. Il produit un décalage entre les modes de réalisation des images. De même, A la corde, est une œuvre formée de neuf photographies et d’un volume modulable inspiré d’une technique ancienne destinée à la fabrication de jarres dites « a la corde ». L’œuvre induit l’idée d’un mouvement, ce dernier est rendu effectif par l’exposition des neufs photographies ou l’objet est présenté de différentes manières. Plus loin, sur un écran l’artiste pousse des plaques de béton assemblées entres elles au moyen d’une tige métallique. Tel Sisyphe, il fait tournoyer une œuvre qui pèse près de 400 kilos jusqu’à l’épuisement. Dans la verrière, la réplique en bois d’un tunnelier semble s’extraire du mur. L’outil monumental servant au percement des tunnels surgit dans l’espace pour le redessiner. Il faut le contourner pour découvrir une chenille de tractopelle réalisée à partir de plaques de bois découpé. Dans le grenier ce sont des éléments de moteur qui sont retravaillés. L’acier laisse place au plâtre, au béton, au bois et au cuivre. Les objets habituellement produits mécaniquement et à la chaîne sont refabriqués de manière artisanale. En procédant à des déplacements matériels et techniques, l’artiste évacue la fonction initiale des objets pour mettre en lumière leurs formes et leurs dessins.

Art Press n°423 Juin 2015, compte rendu d’exposition, texte de Julie Crenn

 

Maxime Thoreau (born in 1990 and winner of the prize awarded by the 10th Biennale de la Jeune Création) likes ordinary objects. His exhibition is taking place in three distinct spaces. In the gallery, a group of nine cyanotypes hangs on a blue wall. Using this old fashion photographic technique he remade digital photos taken by European Space Agency lander Philae in November 2014. The result is a starling disjunct between the modes of image-making. Similary, A la corde, comprising nine photos, is an adjustable module inspired by an ancient technique for making ceramics jars called coiling. This piece seems to move because of the interaction between the nine photos that each present object somewhat differently. In another piece, Thoreau pushes a set of concrete disks connected by an iron rod running through their center holes. Like Sisyphus, he spins this almost 400-kilo piece around and around until he is exhausted. A monumental wooden replica of a tunnel-boring machine in the solarium seems to be popping out of a wall, reconfiguring the surrounding space. Visitors have to skirt around it before they find a catterpillar made from cut-out sheets of wood. In the attic are similarly transformed engine parts. Instead of steel, they are made of plaster, concrete, wood and copper, and instead of being manufactured in a factory, they are hand made. Thoreau uses the transfiguration produced by using different materials and fabrication processes to drain the objects of their original function and foreground their visuality.
Translation, L-S Torgoff